"La chanson, c'est le dernier refuge de la tradition orale"leforestier.jpg

Exercice à trous

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Mon frère, San Francisco, Je ne sais rien faire, Né quelque part... La France le chante trente ans. Cette longévité a donné des airs de sage. Ou de grand frère. Maxime Le Forestier se très droit au fond du canapé, parle doucement, plaisante peu, s'emporte rarement. Et chausse lunettes de temps en temps. En 2002, il s'est baladé France pour sa tournée «Plutôt guitare», au de laquelle il a repris plusieurs de ses anciennes chansons. «Chanter me fait du et m'oblige à une certaine discipline de vie.» Ses textes, aiguisés ou en rondeurs, traquent les travers du monde comme les préoccupations quotidiennes d'un homme de son temps.
Le 10 février 1949, Bruno Jean-Bernard Le Forestier naît quelque part, «en souriant» comme l'indique la biographie de son (amusant) personnel (http://maximeleforestier.artistes.universalmusic.fr/). Une mère originaire d'une famille de cultivateurs catholiques de Franche-Comté, un père dessinateur industriel en Angleterre. Deux sœurs aînées, qui le poussent vers la musique, Catherine, avec qui il formera un duo, une guitare à 14 ans, les premiers pas au cabaret dès 17, et un 33-tours à 23. Succès triomphal. Suivent 12 autres albums originaux et une traversée du désert, entre 1980 et 1986. Revenu à la lumière à Né quelque part, Maxime Le Forestier ne l'a plus quittée. Il écrit aujourd'hui pour Johnny Hallyday, Hélène Ségara, Gérald de Palmas ou Julien Clerc. Et même pour Elie Chouraqui, vient de lui proposer d'écrire sa prochaine comédie musicale, Spartacus (prévue pour octobre 2004). Il n'avait jamais fait ça, il a dit oui. Simplement.

Comment voyez-vous votre carrière? Volontariste ou portée par les succès et les échecs?
Je voyage plus à la voile qu'au moteur. Avec de la casse, du calme plat, des tempêtes, des putains de bons vents, et d'autres qui m'ont envoyé dans certaines directions je ne serais sans doute pas allé tout seul. Tous les gens qui travaillaient avec moi ne comprenaient pas je faisais là, et moi non plus, d'ailleurs [référence à sa traversée du désert des années 1980]. Mais il faut savoir aussi visiter les impasses. Suivre son caprice, au sens l'entend Etienne Roda-Gil. Quand on lui demandait pourquoi il écrivait, il répondait: «En gros, c'est par caprice.» L'envie, la passion.

Texte tiré de L'Express du 27/03/2003